Quand les colombes disparurent / Sofi Oksanen

La semaine dernière je trouvais avec joie dans ma boîte aux lettres le dernier roman de Sofi Oksanen gagné sur le site MyBoox et envoyé par leur gentil community manager.

Tout à ma découverte je me suis empressée de le dévorer pour vous en livrer le contenu dans cet article.

Concernant Sofi Oksanen je dois avouer que je ne la connaissais pas du tout, n’en avais même jamais entendu parler. A celles et ceux qui seraient dans cette situation, je vous retranscrit le petit paragraphe qui lui est consacré en quatrième de couverture :

Sofi Oksanen est née en Finlande en 1977, d’une mère estonienne et d’un père finlandais. Elle est devenue en trois romans et quelques pièces de théâtre une figure incontournable de la scène littéraire finlandaise. Purge a marqué la consécration de l’auteur, qui a reçu en 2010 plusieurs prix littéraires en France dont le Fémina étranger.

J’ai beau m’être lancée dans ce livre comme dans le premier train qui passe, il s’est quand même trouvé que la toile de fond était pratiquement la même que dans Eichmann à Jérusalem : le régime nazi du troisième reich.

Ce thème, lié à celui du communisme, atteint dans le roman une portée hautement tragique qui confine au théâtral dans une Estonie malmenée par les aléas de l’histoire.

Le théâtre change de décor, tour à tour communiste puis allemand, puis de nouveau communiste pour épouser les exigences de la nation ou de l’idéologie conquérante du moment.

Dans ce théâtre, des personnages dépassés par le poids de l’histoire qui se fait cherchent leur chemin et prennent des voies qui les séparent. Quittant le calme labeur de la vie à la campagne chacun choisit sa voie. Roland refusait la mainmise des communistes, il refuse aussi celle des Allemands sur le pays. Son cousin lui, est un arriviste. Edgar veut réussir, quel que soit son maître, quelles que soient les postures qu’il doit adopter. La fin justifie les moyens. (Ce personnage serait d’ailleurs directement inspiré d’Edgar Meos dont vous trouverez la brève histoire ici). Juudit, la femme d’Edgar tombe amoureuse d’un allemand et veut croire que la vie continuera toujours avec ses privilèges, que l’Allemagne ne sera jamais vaincue…

C’est une rhétorique poignante que l’on trouve dans ce roman. Celle qui nous parle des décisions d’une vie. De ces choix faits plus ou moins volontairement et que l’on porte ensuite au fond de soi jusqu’à la fin, comme on porte le souvenir des choses et des êtres qui ne sont plus dans un pays en guerre, que communistes et nazis s’octroient. Le joug moral s’ajoute au joug des régimes qui se succèdent. Fallait-il collaborer pour s’assurer une existence confortable ou fallait-il se révolter, au risque de tout perdre, jusqu’à la vie ?

L’écriture est aride, un peu comme chez Kundera. L’écriture grise et triste qui convient aux rigueurs de la guerre et du communisme. Une écriture parfois opaque, qui ne se laisse pas déchiffrer avec toutes ses références en allemand, ses transitions mal négociées et son labyrinthe des relations familiales.

Pour ma part j’ai eu beaucoup de mal au départ à suivre cette narration un peu fragmentaire et rêche. J’ai mis du temps avant d’accrocher à l’intrigue mais je ne regrette pas d’avoir persévéré. Pour l’éclairage qu’il nous apporte sur cette période et sur l’Estonie, que nous connaissons si peu, ce roman est à lire.

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