L'écriture libératrice de Laurence Finet

 

« Et je renaîtrai de mes cendres », c’est le titre flamboyant du livre que je reçois par la poste. Quand j’ai reçu le mail de Babelio me proposant de le lire j’ai été intriguée par une description qui me promettait de changer mon point de vue sur la vie et de me faire prendre une grande bouffée d’air. Mais n’est-ce pas l’effet que voudrait produire chaque oeuvre ?

Limpidité

Dès les premières lignes l’écriture est fluide, les images précises, nettes. Laurence Finet nous brosse le portrait d’une femme, la quarantaine, prise par une vie de famille (nombreuse) qui la comble, un travail avec lequel elle jongle pour arriver à tout concilier. Une femme volontaire, sportive, active, l’image même de la femme qui réussit sur tous les plans. Et surtout, une femme qui s’appelle…Laurence. Premier moment de pause, je ne sais plus trop dans quel contexte je suis : s’agit-il d’un roman ? Mais quel drôle de choix, de nommer son personnage principal comme soi-même. Est-ce une auto-fiction ? Je continue ma lecture, persuadée d’évoluer dans un monde fictif.

Malaise

Le roman est énergique et nous conduit, à travers ses chapitres concis dont les titres dénotent un sens certain de la formule, toujours plus loin dans l’intimité du personnage. Abandonnant progressivement ses couches extérieures comme on se livre à un inconnu qui devient une connaissance puis un ami intime, Laurence se débarrasse des faux-semblants. La démarche s’impose peu à peu comme un gros travail de tri et de nettoyage dans sa propre histoire, dans ses propres souvenirs dont certains avaient volontairement été remisés loin du regard, dans des coins sombres de sa mémoire. Comme pour s’excuser de nous avoir d’abord présenté une version édulcorée de son propre passé, Laurence accepte finalement de revenir sur les épisodes douloureux d’un passé avec lequel elle n’a pas encore fait la paix. Je découvre une histoire torturée, aux confins de l’horreur. C’est à ce moment-là que je fais une autre découverte. En errant sur internet je découvre que ce que je prenais pour un roman est un récit (mais je constate seulement maintenant que la mention apparait sur la couverture du livre). C’est la vraie vie. Mon rapport aux mots change d’un coup et me fait passer de l’autre côté de la barrière littéraire. Ce que je suis en train de lire ne sort pas de l’imagination errante d’un auteur qui, tranquillement assis à sa table, au café, ou dans le calme de son appartement, a choisi d’écrire une histoire tourmentée. Il s’agit des souvenirs d’une femme rompue qui vit avec un fardeau insoutenable et décide soudain de s’en alléger.

Combat

Laurence est à la fois l’auteur et le personnage principal de ce livre courageux qui témoigne d’une force et d’une envie de vivre vivaces. Impossible pour moi de dire la teneur de la sagesse qu’elle y distille sans tout révéler. Le parcours de Laurence, auteur, femme, mère, enfant, personne est jalonné d’épreuves qui sont autant de chances et de malédictions. Autant de chances de revenir sur le passé et de décider quoi faire du temps qui reste.

Claque

Pour une fois la quatrième de couverture ne ment pas. J’ai pris une claque en dévorant ce récit qui s’est effectivement insinué en moi et a trouvé sa voie parmi mes propres expériences. Laurence Finet réussit ce tour de force incroyable de toucher l’humanité palpitant en chacun de nous, ce quelque chose d’incontestablement universel, tout en évoquant les détails d’une histoire unique qui n’appartient qu’à elle. Impossible de ne pas sortir ému et remué de cette expérience.

Le souvenir de cette lecture est de ceux qui se partagent et je serais vraiment curieuse et avide d’en discuter avec ceux qui ont également lu ce récit !

 

Le café : Coffee Spoune 

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