The Life and Times of the Thunderbolt Kid / Bryson

bryson

 

Souvenez-vous, Bill Bryson, cet énergumène qui après avoir passé plusieurs décennies au Royaume-Uni décide de retourner au pays pour nous abreuver de ses petites chroniques humoristiques sur la vie aux Etats-Unis. Bill Bryson qui m’avait également fait mourir de rire avec ses attitudes chétives et ses transports d’épicurien parti à l’aventure en Australie.

Impossible pour moi de résister à la tentation de me plonger une fois de plus dans les mémoires de l’auteur. Surtout qu’il s’agissait cette fois d’explorer un monde aussi fantasmé qu’irrémédiablement disparu : les Etats-Unis des années 1950.

J’ai encore du mal à conceptualiser le fait qu’un auteur contemporain ai pu connaitre une époque qui semble aujourd’hui si gentiment désuète. Car les années 50 aux Etats-Unis incarnent la quintessence d’un monde disparu. Dans l’immédiat après-guerre des années 50 le pays est en ébullition : la croissance économique fulgurante et l’accession du plus grand nombre aux biens de consommation standardisés dessinent un monde totalement nouveau, aux potentialités énormes.

L’enfance de Bill Bryson est définitivement placée sous le signe de cette bonne humeur insouciante. A cette époque-là la moindre découverte libère une ferveur optimiste et démente. Dans le désert américain des touristes se réunissent pour assister avec des cocktails à des expérimentation nucléaires et on s’enthousiasme dans les journaux pour les merveilleuses avancées scientifiques sur les missiles, qui demain vous apporteront le courrier chez vous.

Ici comme dans ses autres chroniques, Bryson sait mêler avec humour et bonhommie les expériences personnelles et les anecdotes savantes. Son récit est truffé de références, de gros titres, d’articles et de bons mots dénichés on ne sait où. C’est définitivement un auteur que j’aimerais recevoir comme convive : voilà le genre d’invité qui vous fait passer un moment hilarant sans vous donner l’impression de ne parler que de lui.

En réalité ce que cache la jovialité de Bryson est une nostalgie teintée d’incompréhension. Avec le recul, ce monde dans lequel il a grandi lui semble au moins aussi étrange que celui dans lequel nous vivons aujourd’hui. De fait il sublime cette nostalgie que nous éprouvons probablement tous pour le monde disparu de nos jeunes années (les années 90 si tu m’entends) en une belle déclaration aux Etats-Unis des années 50, une époque où tout semblait possible, même le pire.

The Thunderbolt Kid, le personnage de super-héros que Bryson s’imagine être dans son enfance est l’essence même de cette époque. Epoque des Marvel et justiciers en collants moulants, les années 50 sont une époque de rêverie en technicolor. Qui peut dire ce mythe de l’enfant-éclair n’est pas une invention de plus du facétieux Bryson…!

 

Je recommande cette lecture en anglais (le titre français est Ma fabuleuse enfance dans l’Amérique des années 1950). Le texte est accessible et semble particulièrement plus savoureux et authentique dans sa version originale.

 

 Avez-vous lu de bons romans sur les Etats-Unis dans les années 50 ? Lesquels me conseilleriez-vous ?

 

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2 réflexions au sujet de « The Life and Times of the Thunderbolt Kid / Bryson »

  1. Nous avons plus de souvenirs du cinéma américain des années 50 que de romans. Les westerns bien sûr, bien plus nombreux à l’époque que maintenant, et les films comme ceux de Capra ou Minnelli où tout finissait bien et tout était clean et lisse…

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