La vague / Strasser

Todd-Strasser-La-Vague

L’Histoire est-elle destinée à se répéter ?

L’Histoire est-elle un éternel recommencement ?

Pour faire comprendre à ses élèves l’horreur nazie, un professeur d’histoire tente dans sa classe une expérience terrifiante : la Vague. Au lycée Gordon, il y aura un avant et un après la Vague.

Dans un lycée américain, à la fin du XXème siècle, un jeune professeur d’histoire passionné par son métier montre à ses élèves un film sur la Shoah. Devant les images terribles des camps de concentration et de leurs prisonniers décharnés, la réaction des élèves est incrédule : une telle abomination, à des lieues de leur mode de vie confortable et moderne, leur semble à peine croyable.

D’ailleurs, comment les Allemands ont-ils pu faire confiance à Hitler ? Eux qui étaient le peuple souverain, comment ont-ils pu rester passifs devant l’innommable ?  A ces questions, Ben Ross, leur professeur, n’a pas la réponse. Car il est facile de juger à posteriori de l’aveuglement des Allemands devant l’atrocité de ce qui était commis sous leurs yeux, mais il est plus difficile de comprendre par quels mécanismes obscurs ils en sont arrivés à accorder une confiance fervente et passionnée à leur Führer.

C’est pour leur apporter une leçon que Ben décide d’organiser une sorte de jeu de rôle dans sa classe. Partant du constat que ses élèves sortiront grandis d’une expérience plutôt que d’un long discours, il se lance dans une aventure dont il ne connait pas encore l’issue.

D’un simple jeu, à partir de quelques règles de conduite qui dessinent les contours d’un collectif – la classe de Ben – et réorganisent l’action de groupe – discipline, communauté, entraide, égalité – Ben devient malgré lui le leader charismatique d’un nombre d’élèves croissant.

Parce que la foi qu’il suscite dans ce projet de vie en communauté donne à chacun une place dans le groupe et une raison d’être, il attire l’intérêt d’élèves qui peinent d’ordinaire à être fier d’eux-mêmes, dans un système compétitif et individualiste. Sous les yeux de Ben, le mouvement de la Vague prend forme. Bientôt les vélléités de pouvoir commenceront de miner le bel ensemble utopiste et l’expérience délivrera sa morale.

Cette intrigue, désormais connue pour le film qui l’a adaptée en 2009, est en réalité inspirée d’un fait réel. Strasser reprend ici les grandes lignes de cette anecdote qui aurait pu rester une histoire de couloir si sa portée n’avait pas été aussi terrifiante. Au fil d’un récit limpide et simple il nous donne accès à la compréhension des mécanismes qui président à la création d’un groupe et le portent dans le temps. Si vous avez vu le film, ou que vous connaissez déjà l’histoire et son issue, vous serez probablement déçus car il n’y a rien de plus à en retirer que le message ultimement délivré par Ben à ses élèves : le fascisme n’est pas un objet poussiéreux qui s’expose dans les limites sécurisées d’un musée. N’importe qui peut se faire endoctriner, n’importe qui peut devenir autre et basculer dans la tyrannie. Il n’est que le sens critique pour nous prémunir contre les comportements aveuglés et les errements de l’Histoire.

Ce livre mérite d’être lu pour la véracité de l’intrigue et de ses développements. N’y cherchez cependant pas autre chose : l’écriture comme la matière du roman sont en une seule dimension qui sert le but affiché de l’oeuvre : délivrer une leçon universelle.

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