Monuments men / Clooney

monuments men

L’actualité de ces dernières semaines est largement marquée par un retour sur l’épisode « Monuments men » de la seconde guerre mondiale. De nos cours d’histoire, ou de ce que l’on retient du nazisme, les Monuments étaient désespérément absents, jusqu’à ce que George Clooney décide de réaliser un film sur leur mission : sauver des mains nazies les œuvres de maîtres volées pendant la guerre aux musées et aux particuliers de l’Europe entière.

Il est vrai que des ambitions nazies on retenait surtout le génocide des juifs et l’expansionnisme forcené en Europe, mais nous oublions qu’Hitler était un artiste raté dont la créativité ne s’exprimera jamais que dans des aquarelles mornes et des reproductions de personnages Disney (en tout cas le doute est permis).

Souvenons-nous de son échec au concours d’entrée des Beaux Arts de Vienne pour expliquer son avidité et sa volonté de construire un immense complexe où exposer les peintures des plus grands peintres de l’histoire de l’art.

Qu’en est-il du film tant attendu (et si bien promu sur tous les plateaux télé/radio/magazines) ? 

Le constat est mitigé. Pour ma part je m’imagine un magnifique soufflé appétissant à souhait…et complètement creux à l’intérieur. Vide. Du vent. Monuments men a tous les dehors de la super production qui fait un carton : un casting de rêve à grands coups d’acteurs oscarisés : Jean Dujardin, Cate Blanchett et toute la crème de Hollywood : Matt Damon, Bill Murray, John Goodman, réalisé de surcoît par un Geroge Clooney qui passe très bien sur les tapis rouges et les plateaux pour défendre son bébé.

Mais voilà, c’est à peu près tout ce que l’on trouve de plus consistant dans un film qui peine à trouver une épaisseur.

L’intrigue s’installe de façon poussive et quelque peu désorganisée alors que l’on attend en vain que le film commence véritablement. L’action oscille ensuite entre un pathos dégoulinant de bons sentiments et de patriotisme, et une approche légère, presque comique de la mission. Le film a à peine commencé que George est déjà en train d’essayer de nous tirer une larme avec un feu de camp où les Monuments men prennent conscience du danger qu’ils courent. Les ficelles sont tellement grosses que c’est en agaçant.

C’est à Cate Blanchett que revient de jouer une secrétaire française un peu revêche, gentiment affublée d’un accent que l’on peine à croire français – imaginez : une américaine qui essaie de parler sa propre langue avec un accent français. Sans parler des moments où elle doit effectivement parler français…

Dans la grande histoire de cette reconquête des œuvres indûment extorquées par les nazis aux juifs et aux musées, George Clooney incorpore la quête personnelle d’un des Monuments men pour retrouver une statue dérobée et tout ce qu’elle représente de promesses faites, de défense de l’art et de l’intégrité morale. J’ai beaucoup de mal à acheter ces raccourcis, bien américains, pétris d’une bonne volonté presque niaise et de valeurs humaines en technicolor.

Au final ce que je reprocherais à ce film est principalement d’avoir été réalisé par des américains, d’un point de vue américain. Je trouve qu’il manque une sensibilité européenne qui aurait permis de traiter ce fait dans un contexte plus travaillé et moins « blockbuster ».

En revanche, l’histoire des Monuments men est passionnante et mérite d’être connue pour l’approche concrète qu’elle apporte à la connaissance que nous avons de la seconde guerre mondiale. Je pense d’ailleurs acheter et lire le livre éponyme duquel s’est inspiré George Clooney et qui a été écrit par Robert M.Edsel. Il vient d’être réedité en format poche (avec l’affiche du film en couverture, obligé) et qui d’après mes recherches est disponible vraiment partout en librairies.

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Pour ceux que le sujet intéresse, les sources de documentation dans l’actualité ne manquent pas ces derniers temps : depuis l’annonce de la sortie du film, journaux et télévision se délectent de pouvoir faire le lien entre une actualité holywoodienne sexy et un fait culturel encore peu connu :

Le Figaro Magazine fait sa couverture du week-end dernier sur le titre suivant : « Quand Hitler pillait l’Europe ».

Europe 1 consacre un article à Harry Ettlinger, dernier Monuments men vivant, décoré récemment en Allemagne, son pays d’origine, qu’il a quitté à l’âge de 12 ans, en 1938. Le personnage, haut en couleur (qui s’est cassé la figure à la soirée d’avant première du film…)

Le Point fait également le lien cette semaine entre le vénérable combattant et le film qui sort aujourd’hui avec, à l’appui, photos d’époque et retour sur les dates et les découvertes de la mission.

George Clooney faisait un passage dans le fauteuil rouge de Complément d’enquête la semaine dernière. Vous pouvez retrouver son interview ici.

RTL propose l’interview de Matt Damon et revient sur le tournage du film (et notamment sur notre Jean Dujardin national)  ici.

 

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