Nos voisins du dessous / Bryson

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Ces dernières semaines je devais découvrir avec stupeur qu’il existe une littérature australienne. Comme le mettent très bien en avant ces chroniques, on a tous un peu tendance à oublier que l’Australie existe même si on sait qu’elle est là, quelque part. D’ailleurs, qui peut citer le nom de son premier ministre ? Mystère.

Donc non seulement je devais découvrir que l’Australie avait un premier ministre, mais je devais en outre découvrir de bien nombreux autres aspects de son histoire et de sa culture, largement méconnus. Ce qui fréquemment, en des occasions et des lieux variés -plus ou moins adaptés- devait me conduire à m’exclamer tout haut « est-ce que tu savais que l’animal le plus venimeux de toute la création est une méduse à forme carrée?! », ou encore : « tu te rends compte qu’un billet d’avion Londres-Australie coûtait le prix d’une maison au milieu du XXème siècle ?! »

C’est en effet une des particularités bien sympathique de ce livre que de nous servir des petits faits ou histoires que nous ne serions jamais allés chercher nous-mêmes.

La nature « récit de voyage » de ce livre en fait un ouvrage pratiquement impossible à trouver à la FNAC, certes, mais surtout un livre vivant. La trame narrative se déroule au gré des pérégrinations de Bryson dans le pays. A l’occasion il nous ravit par ses réflexions personnelles (ou ses beuveries en compagnie du troisième âge dans un train) et intègre délicatement des faits historiques qui sont toujours bien documentés et très souvent cocasses.

L’inconvénient de ce genre de format reste le fait que le lecteur n’est pas invité à poursuivre sa lecture dans le but de voir comment se dénoue l’intrigue, puisqu’il n’y en a pas. Que l’on arrête sa lecture au milieu ou à la fin du livre concrètement cela ne change rien, mis à part que l’on se prive de deux trois anecdotes croustillantes.

D’où probablement une certaine lassitude qui se fait sentir en cours de route. Alors que l’on a déjà bien eu le temps d’apprécier le style jovial et cultivé de l’auteur, on s’aperçoit soudain qu’il nous reste 200 pages à lire.

D’autant que je dois admettre avoir été parfois légèrement agacée par l’optimisme à toute épreuve de Bryson, ce genre d’attitude mielleuse et enjouée qu’ont les américains et qui réussit à leur fait dire « oh fantastique ! » lorsqu’on leur fait visiter un élevage de vers de terre. A part ça c’est probablement cet engouement forcené pour l’Australie qui autorise Bryson à nous renseigner sur tant de sujets. Il s’avère de bon conseil dans pas mal de domaines : histoire du peuplement de l’Australie, connaissance des animaux dangereux, histoire de la construction des grandes villes, géologie…

Au final je pense que je prendrais son livre avec moi si je devais un jour partir à l’aventure en Australie. Et puis si vous ne cernez pas tout de suite la raison d’être de l’ouvrage, je vous conseille d’aller directement lire le dernier paragraphe de la dernière page, il y balance quelque chose comme « enfin bref, l’Australie est un endroit génial et c’est ce que je voulais dire ».

(En revanche il faudra m’expliquer qui décide de la traduction des titres des œuvres de Bill Bryson. Voici quelques exemples du passage de l’anglais au français qui me laissent perplexe :

In a Sunburned Country : nos voisins du dessous

I’m a Stranger Here Myself : American rigolos

The Lost Continent : Travels in Small-Town America : Motel blues – voyage dans l’Amérique profonde)

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8 réflexions au sujet de « Nos voisins du dessous / Bryson »

  1. Je suis justement partie en Australie ce printemps et c’est LE bouquin qu’on m’a prêté avant de partir. Bill Bryson est un récidiviste du bouquin de voyage décalé et je dois dire que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir de quoi il retournait sur place après avoir lu « Nos voisins du dessous » (dont le titre britannique « Down under » est plus proche de la traduction française). A recommander pour les gens qui n’ont justement pas envie (ou besoin) de se farcir un guide avant le départ.

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    1. Tu m’étonnes, ça doit être génial d’aller sur place après tout ce qu’il décrit ! Est-ce que tu as été d’accord avec ses opinions parfois tranchées (mais carrément marrantes) sur certaines villes ? Je ne suis plus sure mais il me semble qu’il décrivait Canberra comme un trou où il n’y a rien à faire..^^

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      1. Eh bien je ne suis pas allée moi-même à Canberra mais ceux qui y sont allés m’ont dit « il y a de ça » (de même pour le Nord et la barrière de corail). Disons qu’il en rajoute un peu pour son public sans inventer complètement.

        (j’aurais rêvé voir un de ces animaux géants au bord de la route – le taureau, l’écrevisse, peu importe – ou visiter le musée de la méduse-boîte, hélas nous n’étions pas du tout dans la bonne partie du pays)

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      2. C’est vrai que parfois on soupçonne une légère exagération et c’est vraiment ça qui fait le charme de son écriture, cette sensation qu’il ne lui arrive que des choses folles et très exaltantes. S’il a une conception de la vie aussi optimiste que son écriture il doit être super heureux ! Tu as voyagé de quel côté toi du coup ? C’était le vaste pays tout vide qu’on nous décrit ?

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      3. J’ai atterri à Sydney et redécollé à Melbourne, avec deux petits road-trip entre les 2 villes (1200km de route, tout de même) et encore un peu plus à l’Ouest sur la Great Ocean Road. Il y a c’est vrai une grande différence entre ces deux énormes villes et certains bleds traversés, mais pas tellement plus paumés que certains villages ici en Suisse. L’outback (= dès qu’on s’éloigne des limites externes du pays/continent), par contre, ça doit être autre chose.

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      4. C’est déjà pas mal comme voyage ! Je ne sais pas combien de temps ça t’a pris mais je trouve que c’est toujours un luxe de pouvoir voir plusieurs villes, de bouger et d’investir le pays… Surtout quand on pense à la taille de celui-là. J’espère avoir l’occasion d’y aller un jour mais c’est juste l’autre bout du monde pour nous européens (!)

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