L'écume des jours / Vian -Adaptation de Gondry

Gondry

La nouvelle n’aura échappé à personne, le dernier Gondry est -enfin- sorti en salles.

J’en trépignais d’impatience, d’autant plus que le projet était ambitieux et donnait l’eau à la bouche : images saturées de couleurs, personnages incarnés par les acteurs français les plus bankables du moment, pas d’effets spéciaux fabriqués en post-production (ou si peu)…

Pourtant le projet ne s’annonçait pas sans risque : comment amener en images la vision poétique et surréaliste de Vian ? Comment donner corps aux sensations, aux pensées, aux métaphores qui peuplent son roman et en font le charme si spécial ?

Si j’ai eu quelques doutes je dois bien avouer qu’ils n’ont pas duré longtemps. La bande-annonce annonçait de belles choses et Gondry paraissait suffisamment barré pour arriver à se projeter dans l’univers onirique de Vian.

Et effectivement je n’ai pas été déçue. J’avais lu le roman il y a quelques années. Suffisamment pour ne pas être à cheval sur le moindre détail qui n’aurait pas été adapté avec fidélité et ça été un soulagement pour moi de ne pas les avoir tous en tête justement. Que ce soit dans sa version papier ou dans sa version cinématographique l’écume des jours est une histoire atemporelle qui invite au dépaysement, à l’amour, à la poésie. C’est une porte d’entrée sur un monde où le regard se fait enfantin pour sublimer les petites choses qu’une fois adultes nous ne voyons même plus.

J’ai aimé l’univers construit par Gondry, ses bricolages animés avec du papier, des tissus, des matériaux de récupération. J’ai aimé son ambition sans limite qu’aucun élément, même des plus farfelus n’a arrêté et qui a donné corps à toutes ces métaphores que l’on s’imaginait impossibles à adapter tant elles jouaient sur les mots et non sur les images. J’ai aimé les décors qui évoluent tout au long du film, les visions futuristes et les influences des années 50. Tout était mélangé, brouillé et comme dans le roman nous sommes invités à plonger dans une parabole sur la vie et l’amour plus que dans une époque définie. Sa portée est universelle.

Et puis la bonne surprise reste la découverte de tout ce qu’ajoute le cinéma à la démarche littéraire de Vian. Le passage au noir et blanc se fait d’une manière si subtile à la fin qu’il influence directement nos sens et notre état d’esprit sans même qu’il faille nous dépeindre la tristesse ou le désespoir de manière explicite à l’écran. Une très belle surprise donc, qui s’appuie sur un amour immodéré pour l’oeuvre originale. Je le conseille vivement à tous ceux qui auraient eu du mal à accrocher à l’univers de Vian, peut-être plus difficile à pénétrer par la porte des mots.

Publicités

2 réflexions au sujet de « L'écume des jours / Vian -Adaptation de Gondry »

    1. J’avais hésité à faire pareil mais du coup j’aurais trop cherché les détails je pense.. Je crois que tu ne risqués rien vu la fidélité du film mais se laisser porter par l’atmosphère de Gondry c’est chouette aussi :3
      Tu vas aller voir le film bientôt ? 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s